Essai Essai Skoda Octavia Scout (2021) : couteau suisse tchèque

 couteau suisse tchèque

Les plus

Confort de haut niveau

Réelles aptitudes tout-chemin

Volume intérieur toujours imbattable

Positionnement original

Les moins

Tarifs élevés en 4x4

Suspension pilotée optionnelle

Par Antoine Arnoux Mardi 14 septembre 2021

Quelques mois après le renouvellement de la Skoda Octavia, le constructeur tchèque a dégainé son habituelle déclinaison Scout. La philosophie reste la même : s'aventurer hors bitume, offrir un peu plus de polyvalence, tout en conservant les principales qualités de l'Octavia. Gros volumes, confort de premier plan... pour mieux marcher sur les plates-bandes des SUV ?

Le break tout-chemin a beau être un créneau de niche, le genre a son public (généralement adepte d'activités d'extérieur, et allergique aux SUV) et ses spécialistes. Les premiers sont apparus bien avant l'avènement des pseudos-baroudeurs qui pullulent aujourd'hui, dès le milieu des années 90. Ils s'appelaient Volvo V70 Cross Country, Audi A6 Allroad ou Subaru Legacy Outback. D'abord réservé à des modèles premium, donc... Le principe du break en tenue des champs s'est rapidement étendu à des modèles plus accessibles, comme la Skoda Octavia Combi, qui reconduit la recette pour la troisième fois (la première Scout a vu le jour avec la seconde génération d'Octavia, en 2007).

Sans grande surprise, le traitement Scout concerne essentiellement sa présentation. On retrouve donc les inévitables protections de passages de roues en plastique noir, boucliers spécifiques intégrant des sabots façon alu... pas seulement factice ou pour simplement épater la galerie : à l'avant, l'élément se prolonge jusqu'au compartiment moteur et rejoint le carter anti-projections. Toujours ça de pris, mais pas question pour autant de se muer en engin de franchissement.

La garde au sol rehaussée (15 mm) permet bien de s'aventurer en tout chemin, mais guère plus qu'un break Octavia classique. Ses aptitudes se limiteront donc à d'honnêtes escapades sur chemin de terre ou aux montées en station, chaussée de gommes adéquates bien sûr. Comme n'importe quel SUV, finalement ! D'ailleurs, la Scout a aussi suivi l'exemple de ces derniers côté transmission : jusqu'alors uniquement proposée en 4 roues motrices, elle est désormais disponible en simple traction avec le 1.5 essence d'entrée de gamme... comme la plupart des SUV vendus chez nous. L'intérêt ? Réduire le prix d'appel, la consommation (donc le grammage) et échapper au malus CO2. Evidemment, on fera alors une croix sur les aptitudes offroad, même modestes, d'une "vraie" Scout à transmission intégrale. Il lui restera tout de même d'excellentes compétences routières (avec un confort de premier ordre)... et un certain sens du look.

 couteau suisse tchèque

En Scout, le break Octavia se distingue par des protections de carrosserie, un châssis légèrement rehaussé (15 mm) et une transmission intégrale. Pas pour toutes : l'entrée de gamme est désormais simple traction, chasse aux grammes oblige.

Bon à savoir : anticiper l'achat et la revente.

Il est possible de connaitre la valeur de revente ou de reprise de votre véhicule grâce à la cote auto Turbo de votre Skoda Octavia, l'alternative à la côte Argus.

Sur la route (et hors route) : marathonien tout-chemin

La transmission intégrale, certes pas indispensable la majeure partie du temps, aura tout de même fait preuve d'une certaine efficacité au cours de notre essai. Nous avons volontairement recherché les plus mauvaises routes tchèques, sur notre parcours de Prague à Karlovy Vary, station thermale cossue où James Bond a connu une douloureuse fin de partie de poker dans Casino Royale... et n'a pu éviter de mettre une Aston Martin DBS sur le toit (et séparée en une vingtaine d'éléments distincts). On ignore si 007 aurait accepté de rouler en Skoda, mais force est de reconnaitre qu'une Octavia Scout aurait sans doute mieux terminé que la malheureuse supercar britannique.

Evidemment, pas besoin de mode d'emploi avec une cavalerie bien plus modeste. 190 ch pour le 4 cylindres essence 2 l TSI de notre version, toutefois largement suffisant pour délivrer des chronos sérieux (7,2 s de 0 à 100 km/h). Le malus le condamne hélas chez nous à une diffusion modeste (2.205 € de taxe CO2, avec 165 g/km). Dommage, agrément et discrétion collent bien à sa vocation de voyageuse longue distance. On s'orientera donc plus volontiers vers le Diesel, représenté par le bien connu 2 l TDI (150 ou 200 ch), disponible en boite auto DSG uniquement. Notons que le surpoids est limité, essentiellement lié aux 4 roues motrices (environ 50 kg de plus qu'un break Octavia conventionnel).

 couteau suisse tchèque

Même sans revêtement, la force première de l'Octavia Scout reste intacte : filtration et suspension délivrent un confort royal, et le comportement rassure.

L'une des qualités majeures de l'Octavia est restée intacte, heureusement : son confort, feutré au possible, servi par une suspension bien calibrée... et un peu trop souple. On ne s'attend pas à un exemple de dynamisme, certes. Mais une meilleure tenue en changement d'appui, ou sur les grosses irrégularités, serait bienvenue. Le mal est rectifié avec la suspension pilotée. Encore un peu trop mollassonne sur les modes les plus prévenants, mais bien mieux dosée en "Sport". Le compromis est plaisant, sans pénaliser le toucher de route toujours remarquablement filtré. Dommage, c'est une option (830 €).

Le constat vaut aussi pour la direction et le train avant, raisonnablement précis mais visant avant tout à gommer ce qui se passe sous les roues. Y compris sur chemin de terre, avalé à bon rythme : sans broncher, ni mouvement parasite excessif. Il en résulte une auto au comportement tout à fait neutre et rassurante, y compris en conditions précaires (pluie, chaussée grasse et boue auront ponctué nos quelques 500 km de parcours). Pour rappel, les 4 roues motrices de l'Octavia sont non-permanentes : on retrouve ici une transmission type Haldex, donc simple traction par défaut, comme toutes les autos dérivées de la plate-forme MQB du groupe Volkswagen. Bien que non permanent, le système est amplement efficace (50 % du couple peut être renvoyé sur le train arrière).

 couteau suisse tchèque

Les inserts façon bois et la sellerie cuir / tissu sont spécifiques à la Scout. L'ambiance est plutôt cossue, et l'équipement complet... c'est bienvenu, car le prix d'appel de 35.800 € est costaud.

Une Octavia bourgeoise ?

En break "normal" comme en Scout, le sens de l'accueil est l'autre gros atout de l'auto. C'est presque devenu une marque de fabrique Skoda : l'espace aux jambes est royal, et le coffre revendique de quoi jouer les déménageurs (la capacité reste inchangée, cubant de 640 à 1.700 l). Rien n'a changé sur ce point.

En revanche, "l'effet Scout" est notable concernant la présentation intérieure et l'équipement. Inserts décoratifs, sellerie et habillages sur les contre-portes et la planche de bord dégagent une ambiance plutôt cossue. Scout, certes, mais pas tout à fait dans l'esprit de construire des cabanes dans les bois ! La dotation de série est riche, aussi : GPS, interface média, régulateur adaptatif, sièges chauffants, recharge téléphone par induction...

 couteau suisse tchèque

Le 2.0 TSI essence de notre essai délivre un bel agrément et des chronos énergiques. Mais notre très français malus, comme souvent, fera pencher la balance en faveur du Diesel 2.0 TDI. Bien plus sobre et adapté aux gros rouleurs, cela dit.

Nous avons donc affaire au sommet de la gamme Octavia, avec les tarifs qui vont avec. Elle débute ainsi à 35.800 € avec le 1.5 TSI essence à micro-hybridation, un prix d'appel bien placé compte tenu des prestations générales de l'auto. Le surcoût de 900 €, comparé au break en carrosserie classique à équipement comparable, est modéré. La facture grimpe ensuite rapidement avec les motorisations plus musclées. En Diesel TDI 150 4 roues motrices, certainement la configuration la plus cohérente pour un break familial appelé à avaler les kilomètres, il faut compter au moins 40.240 €. Il y a longtemps que ce qui porte le blason Skoda n'a rien de bon marché, mais nous le savions déjà.

Caractéristiques techniques Skoda Octavia Scout (2021)

Fiche Technique Skoda Octavia Scout (2021) Modèle essayé : Skoda Octavia Scout 2.0 TSI 190 ch DSG 4x4 Dimensions L x l x h Empattement Volume mini / maxi du coffre Poids à vide Cylindrée du moteur Puissance Couple maximal 0 à 100 km/h Vitesse max Taux de CO2 Consommation annoncée (WLTP)  Malus 2021 Tarifs
4,703 / 1,829 / 1,508 m
2,677 m
640 / 1.700 l
1.578 kg
4 cylindres essence, turbo - 1.984 cm3
190 ch à 5.100 trs/mn
320 Nm à 1.500 trs/mn
7,2 s
231 km/h
165 g / km (WLTP)
7,3 l / 100 km (relevée : 8,5 l)
2.205 €
à partir de 35.800 € (modèle essayé : 39.780 €)

Bilan

A ce jour quasi seule représentante des breaks baroudeurs généralistes, l'Octavia Scout entretient soigneusement les piliers Skoda. On retrouve donc une familiale pragmatique, vaste et bien placée en tarifs… du moins par rapport aux concurrentes de cette niche, qui portent généralement des blasons premium. Son positionnement atypique en fait surtout une sympathique alternative au tout-SUV. Autrement plus originale, en tout cas.